FAITES VOTRE 180°
Emmanuelle Piquet : PAYOTPSY Edition 2015

P11 Nous sommes tous un jour ou l’autre, ce hamster épuisé courant dans sa roue avec obstination, nourrissant sans le vouloir le cercle vicieux de la souffrance.
Des croyances nous poussent fréquemment à faire toujours un peu plus de la même chose pour résoudre nos problèmes.
C’est un inconvénient de taille que de devoir renoncer aux interactions qui nous rassurent et nous structurent. Mais les améliorations fondamentales et pérennes sont à ce prix.
C’est lorsque l’on veut changer un comportement chez l’autre, que ça ne fonctionne pas et que l’on persévère, cependant que l’on commence à enkyster le problème.
Commencer donc dans un premier temps à cesser de faire ce qui visiblement est inefficace par rapport à un objectif visé est un premier pas (de géant) vers l’apaisement de la souffrance.
Un problème est une difficulté qui se répète.
Comme dans les cas de harcèlement scolaire où l’institution passe beaucoup de temps et d’énergie à faire changer les harceleurs et trop peu à mon sens à outiller les harcelés.
P26 Comme vous pouvez le constater nous avons tout essayer, tout mais toujours dans le même sens. Faire son 180° dans le cas des devoirs de « mets-toi au travail » est donc « tu peux ne pas travailler ».
Comme le disait Watzlawick « une idée pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité ».
Nous avons construit une société qui considère comme maladie ce qui auparavant n’était qu’une difficulté de la vie qu’il fallait bon an mal an surmonter. En allant puiser dans ses propres ressources.
Une vision non normative des personnes et de leur souffrance ; voilà le premier principe fondateur que chacun d’entre vous va devoir faire sien pour commencer à décoder autrement les situations qui posent problème.
P42 L’idée n’est plus de tenter de ramener à la raison ou de faire prendre conscience ou de médicaliser la personne qui souffre mais plutôt de tenter de lui faire vivre une expérience émotionnelle correctrice qui va augmenter son registre comportemental pour que la souffrance diminue ici et maintenant. Il est parfois indispensable lorsque l’émotion est submergeante de l’accueillir plutôt que de la chasser. Surtout lorsque la chasser n’a fait qu’empirer les choses au préalable.
P50 Passer du pourquoi au comment ; quels sont les effets qui modifient les causes ? Ce sont les comportements à l’oeuvre et non les individus qu’il faut modifier. Un fois le problème correctement posé, en se posant la question : pour qui est-ce un problème ? Une fois les tentatives de régulation strictement identifiées ; une fois formalisé le thème commun de ces tentatives de régulation vous devez que ces tentatives deviennent un facteur extrêmement aggravant ; la seule issue est de ne plus y avoir recours et de faire un virage à 180°. Ce qui est important de bien comprendre c’est la vision du monde qu’à le patient de son problème ; ces croyances, ce qu’il apprécie, ce qu’il déteste, pour m’en servir comme levier d’intervention. Il s’agit plutôt d’influencer que de convaincre.
Prescrire le symptôme pour assouplir le système puisque le patient a fait venir son symptôme plutôt que de le faire disparaître.
Les points à respecter ; être prêt à faire des choses pour que le problème soit résolu ; l’actualité du problème ; l’identification de tout ce que l’on a déjà fait pour résoudre ce problème et qui n’a pas fonctionné ; synthétiser à l’impératif l’intention sous-jacente commune à toutes ces tentatives de régulation.
Lors de la première séance, elle parle plus à son désir qu’à sa volonté ; je comprends son désir et sa volonté semble dangereuse.
P102 J’AI PERDU LE CONTROLE DE MA CLASSE PHOTO P102 A 105
P 137 ELLE NE SAIT PAS LIRE A LA TOUSSAINT PHOTO P 137 A 143
Comme l’écrit D. Pennac dans « comme un roman » le verbe lire ne supporte pas l’impératif comme le verbe aimer, rêver. On peut toujours essayer : aime-moi, rêve, lis, mais lis donc bon sang, je t’ordonne de lire. Résultat néant.
En faisant toujours plus de la même chose, comme le disait WATZLAWICK, on augmente donc l’intensité du problème et les souffrances qui y sont associées.

Notes prises le 29 / 06 / 17
Robert Girerd

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